Témoignages sur les phobies

Psychologue spécialiste du traitement des phobies par thérapie comportementale et cognitive, j'ai reçu dans mon cabinet de nombreux patients atteints de phobies. Voici quelques cas ainsi que le déroulement de la thérapie...

Mr D. : peur de vomir

Mr D., 29 ans me consulte pour émétophobie. En effet le jeune homme souffre depuis peu - un peu plus de 6 mois - d'une peur panique de vomir en public. Tout a commencé après un repas dans un restaurant parisien en compagnie d'un ami d'enfance. Peu de temps après, il commence à se sentir très mal, rentre chez lui et vomira à plusieurs reprises dans la soirée. Son ami n'a présenté aucun symptôme.
Croyant l'incident clos, Mr D. reprend sa vie habituelle sauf qu'il s'aperçoit qu'il a de plus en plus peur de vomir. Il s'entoure de différentes "précautions". De l'alcool de menthe ainsi qu'un sachet l'accompagnent dans tous ses déplacements. Certains aliments considérés par le patient comme potentiellement vomitifs sont évités : mayonnaise, crème fraiche et tous les aliments gras. Par ailleurs, il a réduit son apport alimentaire de manière drastique pensant que s'il mangeait trop il risquerait de vomir. Mr D. a consulté a plusieurs reprises son généraliste qui lui a assuré que tout était normal. Ce dernier l'a fortement incité à consulter.

Traitement de Mr D.  Deux points importants sont observés : la volonté importante de changement de Mr D. ainsi que la confiance qu'il a rapidement établie avec le psychologue. Dans certains cas, le patient a établi sa vie, ses habitudes, son travail autour de sa phobie, la guérir remettrait trop de choses en cause. Malgré sa volonté de changement "en surface", la patient n'est pas prêt à remettre en question certaines habitudes. Il va donc "résister" à la thérapie. C'est ce que l'on nomme en psychologie "la résistance au changement".
Dans le cas de Mr D., la phobie est trop récente pour qu'il y ait résistance au changement. Il n'a pas eu le temps de construire sa vie autour de sa phobie. Attention, cela ne veut pas dire que si votre phobie est ancienne, vous resisterez davantage, chaque personne est unique.
Le deuxième élément important est la confiance au psychologue. Beaucoup de gens consacrent la première séance ou parfois plusieurs "à tester" le psy. Voir s'il est compétent, si il a "volé ses diplômes" ou pas. Cela constitue une perte de temps pour tout le monde. Prenez le temps de choisir le praticien mais une fois choisi, ayez confiance en lui dans la mesure où il ne vous demande pas de choses folkloriques bien sûr. Souvent la confiance ecornnée vient du fait que les patients ont consulté de nombreux "psy" sans résultat. J'étais le premier psychologue que consultait Mr D, il avait donc toute confiance.
Le traitement s'est étalé sur six séances. Les trois premières ont été consacrées à l'analyse cognitive. Une restructuration des pensées dysfonctionnelles a été mise en place grâce à un questionnement socratique notamment. Dès lors, nous avons mis en place les expositions graduées avec restructuration ponctuelle si nécessaire et cela s'est avéré souvent indispensable. Les séances 4 et 5 ont été consacrées aux gradations les plus fortes. La dernière séance est dite séance de contrôle.
Mr D. a consulté moins d'un an après l'apparition de sa phobie. Cela explique en grande partie la briéveté et la réussite de son traitement. Les patients mettent souvent plusieurs années avant de consulter. Dans ce cas, plus de temps est en général nécessaire.

Mme V. : peur des oiseaux

Mme V., 56 ans me consulte pour ornitophobie. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, Mme V. a toujours eu peur des oiseaux. Tous les oiseaux lui font peur sans exception mais les pigeons sont selon elle "les pires". Sa vie est difficile car résidant à Paris, les pigeons sont nombreux et elle en voit partout. Elle ne pensait pas que l'on pouvait soigner son trouble jusqu'à ce qu'une amie connaissant son problème lui parle des thérapies comportementales et cognitives. "Le psychologue va t'exposer à ton problème lui dit-elle", "quoi il va mettre un pigeon sur son bureau ?! Ah non, j'y vais pas". Finalement rassurée et convaincue par son amie, elle décide à me consulter.
Elle me rapporte la conversation avec son amie. Je lui indique que les thérapies comportementales ne se déroulent pas comme cela et que de toutes façons, vu les différentes phobies que je traite si je devais avoir un animal correspondant à chaque phobie, je devrais excercer dans un zoo. Cette anecdote est révélatrice de la peur associée parfois à cette thérapie : les patients pensent par exemple que le psychologue va leur demander de parler devant 200 personnes, dans le cas d'une phobie de parler en public. Rien d'anxiogène n'est fait en thérapie et on verra que pour Mme. V., le but de la thérapie n'est pas qu'elle ait une volière dans son appartement parisien mais qu'elle puisse vivre tranquillement sans se soucier des oiseaux et des pigeons en particulier.

Traitement de Mme V. La thérapie a duré près de 5 mois. Contrairement à Aline, citée plus bas, Mme V. ne craint pas les plumes d'oiseaux. Elle a peur d'être attaquée par les oiseaux par leurs becs et leurs griffes. Lorsque l'on détaille sa peur, cela ressemble à un cauchemar : "une nuée de pigeons peuvent s'approcher de moi et me lacérer [...] ils pourraient me faire des trous au visage et me taillaider les bras [...] je sens quand un pigeon est méchant". On pourrait se dire que Mme V., est quelque peu déficitaire, fragile ou très perturbée. Pas du tout. En dehors de cette phobie, c'est une femme très intelligente, qui occupe un travail à responsabilités et a élevé un enfant seule. Elle a par ailleurs une vie sociale, amicale, sentimentale épanouissante.
Nous mettons en place une thérapie essentiellement comportementale avec exposition graduée combinée à une analyse des pensées dysfonctionnelles lors d'exposition. Quelques séances dites de flooding (imagination de scènes) sont également utilisées. Au bout de quelques semaines, Mme V. voit une nette amélioration. Son regard sur les oiseaux commence à changer, mais pas sur les pigeons. Ce dont je me doutais : la phobie des pigeons étant dès le départ la plus forte. Nous concentrons donc nos efforts sur les pigeons. Au bout de plusieurs semaines et subrepticement, Mme. V. commence à me tenir un discours plus rassurant à leur sujet, elle rit de bon coeur d'elle même lorsque je lui relis ses premier dires sur les pigeons. Au bout de 4 mois de thérapie, nous assistons à un "plateau". Nous consolidons la thérapie puis nous décidons qu'il est temps d'y mettre fin, Mme V. n'ayant plus de problème lorsqu'elle croise un pigeon et/ou un autre oiseau.
Contrairement au premier cas décrit plus haut, la phobie de Mme V. est très ancienne. Cela n'a pas empêché sa réussite. Qu'entendons nous par thérapie réussie pour Mme V ? Est-ce-qu'elle est prête à adopter des canaris ? Non. Là n'était pas le but. L'objectif de la thérapie n'était pas de la rendre grande amie des oiseaux mais qu'elle retrouve toute sa liberté d'action. Autrement dit, qu'elle puisse aller ou bon lui semble sans se préoccuper des oiseaux. Et lorsqu'elle croise un pigeon, cela ne l'effraie plus.

Mme S. : peur des gargouillis

Mme S., 36 ans est borbophobe depuis de nombreuses années. Jeune adulte, elle consulte de nombreux "psy" sans succès. Mme S. se décourage et continue à vivre tant bien que mal avec sa phobie. Ayant obtenu une promotion importante dans son entreprise, elle ne peut plus se permettre que ses gargouillis de ventre s'entendent. Elle décide donc, en desespoir de cause, et sans grande conviction, à consulter.
Mme S., pense tout d'abord que je n'ai jamais entendu parler de cette phobie et que je n'ai pas l'habitude d'en traiter. C'est la réflexion habituelle de nombreux phobiques. En effet, comme ils parlent rarement de leur phobie, ils pensent être les seuls (ou quasiment) à en souffrir et que les consultations pour ce motif sont très rares. Ce qui est, bien entendu, totalement faux mais cela fait partie des idées reçues comme bien d'autres.
Mme S., est convaincue que son ventre "ne fonctionne pas normalement", "qu'il produit trop de bruits" et que "les gens entendent mes bruits de ventre mais n'osent rien dire", par politesse sans doute. En toute bonne foi, Mme S. a consulté différents spécialistes dont plusieurs gastro-ontérologues qui lui ont tous répété qu'elle était en parfaite santé. Mais rien n'y fait, la patiente reste convaincue que les gens entendent ses bruits de ventre surtout lorsque le lieu est calme. Les salles d'attente sont une horreur pour elle mais aussi les réunions lorsqu'il y a un silence, l'arrêt du métro entre deux stations. Sa vie devient vraiment un enfer d'autant qu'elle a peur de souffrir d'incontinence soudaine c'est-à-dire de littérallement "se faire dessus d'un coup". Raison pour laquelle elle se promène toujours avec un pantalon de rechange dans son sac à main, au cas où...

Traitement de Mme S. La thérapie aura duré 6 mois. Elle a consisté davantage sur l'aspect cognitif que comportemental. Très peu d'expositions ont été sugérées. En revanche, le travail sur les pensées erronnées a représenté un vaste chantier. Il fallait défaire les croyances comme :
- "si je mange ceci, je risque d'avoir plus de gargouillis ou de me faire dessus",
- "les autres entendent forcément mes gargouillis",
- "quelle honte, je ne peux même pas me contrôler",
- "les autres vont se moquer de moi".
Ces croyances étaient bien ancrées dans le cerveau de Mme S. En d'autres termes, elle y croyait dur comme fer. La première technique a consisté à les repérer puis à les isoler. Dans un deuxième temps, j'ai "appris" à la patiente à les remettre en cause via un questionnement systématique et une confrontation objective à la réalité. Une fois les pensées érronnées très fragilisées, nous avons pu mettre en place l'exposition graduée.
Aujourd'hui, Mme S. n'est plus barbophobe. Autrement dit, elle ne présente plus aucun signe clinique de la phobie. Mais attention, cela ne relève pas du miracle. Cette thérapie, comme toutes les thérapies sérieuses, a demandé beaucoup d'efforts de la part de la patiente.

 

Comment commencer le traitement ?

Pour prendre rendez-vous, contactez le cabinet au 01.83.64.41.48 du lundi au samedi, de 8h à 20h. Lors de cette première consultation, le psychologue vous conseillera sur la mise en place de la thérapie.

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